Last Updated on 11 novembre 2025 by Marco
Cette analyse se penche sur un phénomène de plus en plus pressant auquel sont confrontés les actionnaires des entreprises du CAC 40 : le cumul des mandats au sein des conseils d’administration. En effet, durant la saison 2025 des assemblées générales, une certaine forme de mécontentement a émergé parmi les investisseurs, principalement en raison du trop grand nombre de mandats exercés par certains administrateurs. Qu’est-ce qui justifie ce ras-le-bol et quelles en sont les implications pour la gouvernance d’entreprise ? Cette question mérite une exploration approfondie.
En 2025, les assemblées générales ont révélé que les actionnaires sont de plus en plus sensibles aux problèmes de disponibilité de leurs administrateurs, en parallèle d’une tendance générale à limiter les mandats pour assurer une meilleure représentation des intérêts des actionnaires. Ce phénomène, souvent désigné par le terme « overboarding », souligne la tension croissante entre la bonne gouvernance et les attentes des actionnaires dans un environnement économique en constante évolution.
Le phénomène de l’overboarding dans les conseils d’administration
Le terme « overboarding » désigne la situation où un administrateur siège dans trop de conseils d’administration en même temps, rendant ainsi difficile sa disponibilité pour son entreprise principale. Ce sujet est particulièrement manifesté au sein des grandes entreprises du CAC 40, où les actionnaires expriment des réserves quant à cette pratique. Pourquoi cela suscite-t-il tant d’inquiétudes ? Un administrateur qui exerce plusieurs fonctions clés peut-il réellement effectuer son devoir correctement ? Ces interrogations deviennent cruciales dans un environnement où les enjeux financiers et stratégiques sont de plus en plus élevés.
Les agents de vote, qui conseillent les investisseurs sur les résolutions à adopter en assemblée générale, commencent à dénoncer cette pratique, suggérant des recommandations visant à limiter le nombre de mandats que chaque administrateur pourrait occuper. Bénédicte Hautefort, à la tête de Scalens, mentionne que plusieurs agences de vote émettent des alertes lorsqu’un administrateur possède trop de rôles, alertant ainsi les actionnaires sur les risques potentiels.

Une saison 2025 révélatrice
Pour mieux comprendre le climat dans lequel évoluent ces administrateurs, il est essentiel de faire le bilan de la saison 2025 des assemblées générales. Cette période a mis en lumière l’augmentation du nombre de votes contre les candidatures d’administrateurs, reflet d’un mécontentement grandissant parmi les actionnaires.
Selon les données collectées, Scalens a noté que malgré la baisse du nombre total de contestations, les plus grandes entreprises étaient touchées par des votes très serrés. En 2025, sept des dix cas où des candidats ont été élus avec moins de 80 % des voix appartenaient au CAC 40, ce qui atteste d’une vigilance accrue des actionnaires par rapport aux mandats cumulés. Ces résultats font écho à l’ appel croissant pour une gouvernance d’entreprise plus transparente et responsable.
Les préoccupations des actionnaires
Les contestations des actionnaires s’articulent principalement autour de la disponibilité des administrateurs. En effet, lorsque des administrateurs occupent plusieurs postes, la question de leur engagement et de leur capacité à surveiller et à communiquer efficacement se pose. Un administrateur multitâche peut-il être aussi efficace qu’un administrateur dévoué à une seule entreprise ? C’est là un point crucial qui mérite un examen plus attentif.
Les actionnaires, en particulier ceux du CAC 40, expriment leur désir de voir des administrateurs qui soient pleinement engagés dans leur entreprise. Dans de nombreuses assemblées, on assiste à des mouvements d’opposition envers des candidats jugés insuffisamment disponibles.
Cette tension entre la direction des entreprises et les attentes des investisseurs transforme le paysage de la gouvernance d’entreprise et met au défi les pratiques traditionnelles d’engagement des administrateurs.
Les méthodes de vote et les recommandations
Les instances de vote jouent un rôle clé lors des assemblées générales en influençant les décisions des actionnaires. Durant la saison 2025, on a constaté une évolution notable de la manière dont les agences évaluent les administrateurs en fonction de leur nombre de mandats. Les recommandations formulées aboutissent souvent à une vraie prise de conscience. Face aux différents cas de figure, les actions des agences de vote, combinées avec des recommandations spécifiques, amplifient le message des actionnaires concernant la nécessité de maintenir l’engagement au sein des conseils d’administration.
Cela soulève des questions sur la façon dont les entreprises doivent gérer les mandats des administrateurs et sur les critères que les actionnaires doivent considérer lorsqu’ils votent pour ou contre ces candidats. Sont-ils toujours armés des bonnes informations ? Existe-t-il des standards clairs et uniformes pour évaluer le cumul des mandats ?
Harmonisation des critères de vote
Un autre élément central dans ce débat est la question de l’harmonisation des pratiques de vote et de comptabilité des mandats par les entreprises et les agences. Actuellement, il existe des disparités importantes entre ce que chaque entité considère comme un mandat. Les présidences de filiales, les rôles dans des sociétés non cotées, ainsi que les positions dans des organisations professionnelles variées compliquent la situation.
Une clarté accrue dans les critères de vote pourrait améliorer la compréhension et la confiance des actionnaires dans les résultats des élections d’administrateurs. Une instance de gouvernance uniforme pourrait réduire les ambiguïtés qui mènent à des ressentiments et rendrait l’évaluation plus fluide. Un meilleur échange d’informations est essentiel pour la progression des standards de gouvernance.

Vers une gestion plus éthique et responsable
À la lumière de ces enjeux, la nécessité d’une gouvernance plus responsable est plus que jamais d’actualité. Les entreprises doivent saisir cette opportunité pour établir des normes précises quant à la gestion des mandats des administrateurs. En clarifiant ce qui est acceptable et en renforçant les politiques internes, les sociétés cotées peuvent aller de l’avant vers une meilleure transparence qui satisferait aussi bien les actionnaires que les administrateurs.
Les entreprises performantes doivent élaborer une stratégie de gouvernance qui considère le point de vue des actionnaires. Une approche éthique et responsable peut éviter les tensions futures et instaurer une culture fondée sur la responsabilité collective. En collaborant avec les actionnaires, les entreprises du CAC 40 peuvent définir une voie vers un avenir où la gouvernance rime avec participation active des détenteurs de parts.
Redéfinir la relation entre actionnaires et administrateurs
Pour aller de l’avant, les entreprises doivent reconsidérer la dynamique entre les actionnaires et les administrateurs. Plutôt que de négliger les préoccupations exprimées par les investisseurs, un dialogue ouvert pourrait transformer cette tension en une véritable collaboration. Cela pourrait inclure des stratégies de gestion du temps pour les administrateurs, afin qu’ils puissent concilier leurs multiples mandats sans affecter l’entreprise principale.
Réinventer cette relation peut mener à des résultats positifs pour les deux parties engagées. Les administrateurs pourraient voir leur workflow s’améliorer tandis que les actionnaires bénéficieraient d’une fidélité et d’un engagement accrus.
Implications futures de la gouvernance multi-mandats
Alors que la saison 2025 des assemblées générales se termine, les implications de cette dynamique de gouvernance continuent d’interpeller. Le débat sur le cumul des mandats est loin d’être clos et mérite une attention soutenue. Chaque actionnaire a le devoir d’aspirer à une meilleure représentativité au sein des conseils d’administration, tout en gardant à l’esprit la nécessité d’un équilibre avec le besoin d’expertise et de diversité.
A l’avenir, les entreprises doivent se préparer à de nouveaux défis en matière de gouvernance. Les tensions qui existent entre les attentes des actionnaires et les réalités des administrateurs doivent être prises en compte pour façonner une gouvernance qui est à la fois efficace et respectueuse des intérêts de toutes les parties prenantes.
